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La médecine traditionnelle chinoise (MTC) se compose de diverses pratiques et prend racine dans la philosophie antique taoïste, vieille de plus de 5 000 ans. De nos jours, la MTC est conjointement pratiquée avec la médecine occidentale dans de nombreux hôpitaux et cliniques chinoises. Par ailleurs, la MTC est également largement répandue aux États-Unis. Selon le rapport 2007 du National Health Interview Survey, qui comprenait des questions sur l'utilisation des thérapies alternatives, on estime que 3,1 millions d’américains avaient utilisés l'acupuncture dans l'année précédente[1] . De plus, selon cette même enquête, environ 17% des adultes utilisent des produits naturels, y compris les herbes, comme méthode alternative à la médecine occidentale.
Pratiquée depuis plusieurs milliers d’années, la médecine traditionnelle chinoise est formée d’un ensemble de théories et de pratiques qui s’intéressent à la santé humaine, non seulement pour la santé du corps mais également pour la santé de l’esprit. Elle est à la fois un art, une philosophie et une science.
Un art puisqu’elle nécessite des interventions manuelles précises et minutieuses qui reposent sur des compétences approfondies du corps humain.
Une philosophie car c’est une science qui réunit réalité et spiritualité, une science qui s’intéresse à l’être humain dans son intégralité.
Une science officielle en Chine, enseignée à l’université, qui réunit des connaissances anatomiques, biologiques, physiologiques et biomécaniques.
Non seulement la médecine traditionnelle chinoise a comme objectif principal de préserver la santé et de prévenir les maladies, mais elle permet également de rétablir plusieurs problèmes de santé ponctuels ou chroniques.
Ce n'est pas tant le symptôme qui intéresse la médecine traditionnelle chinoise que la cause qui la provoque. L’objectif premier de la MTC est d’entretenir la santé et de prévenir les maladies mais elle permet également de soigner un éventail de problèmes de santé ponctuels ou chroniques. Bien qu’elle repose sur une multitude de pratiques, 5 d’entres elles se démarquent davantage : l’acupuncture, la pharmacopée ou les herbes médicinales, la diététique, le massage traditionnel Tui Na et les exercices énergétiques tels le Qi Gong ou le tai-chi[2] .

L’acupuncture


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Quelques points d'acupuncture
Sans doute la plus connue, l’acupuncture est l’une des disciplines clés de la médecine traditionnelle chinoise. L’énergie, le qi, est le concept à la base de cette pratique. Le flux énergétique du qi circule en continu dans tout le corps, à travers un réseau élaboré, une cartographie du corps et de ses organes, que l’on nomme les méridiens. Une circulation harmonieuse du qi annonce une bonne santé, résultante d’un équilibre entre le Yin et le Yang (énergie négative et positive). Les douleurs ou malaises physiques et psychologiques émanent donc d’un déséquilibre énergétique qui produit des vides ou des trop-pleins dans le corps[3] .

C’est par les terminaisons nerveuses qui composent le revêtement cutané que les aiguilles de l’acupuncteur, placées en des points spécifiques et déterminés, transforment le signal externe généré par le petit outil en signaux internes, entraînant une réponse de l’organisme, un effet thérapeutique. Les aiguilles sont laissées en place pour une période d’environ 15 à 30 minutes et le praticien peut manipuler les aiguilles afin de renforcer ou de réduire la circulation du qi. À l’occasion, l’acupuncture est complétée par la moxibustion, technique de stimulation des points d’acupuncture par la chaleur.

Les effets bénéfiques de l’acupuncture sont de plus en plus reconnus. Certains chirurgiens chinois ont régulièrement recours à l’acupuncture plutôt qu’à l’anesthésie générale, beaucoup plus dommageable pour le corps. Un ancien chirurgien cardiaque chinois, vivant aujourd’hui à Toronto, a raconté comment il a opéré plusieurs enfants en utilisant l'acupuncture pour contrôler la douleur. On lui demandait : «Docteur, quand commencerez-vous?" alors qu'il tenait déjà le cœur de l'enfant dans sa main ! L'absence de séquelles de l'anesthésie rend de plus la récupération post-opératoire beaucoup plus facile (K.K. JAIN, m.d, p. 99-122).



La pharmacopée ou les herbes médicinales


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Les herbes aux mille et une vertus
Considérées comme l’approche thérapeutique première en Chine, les herbes médicinales sont un trésor à préserver[4] . Si le corps s’affaiblit, signe d’un déséquilibre énergétique, la maladie s’installe. On utilise les produits de la pharmacopée chinoise de manière beaucoup plus préventive que curative. Quelques unes des plantes utilisées en médecine chinoise nous sont familières, telle la verveine ou la réglisse mais la plupart du répertoire herboriste chinois est composé de plantes qui nous sont généralement inconnues. Pour les chinois, le potentiel thérapeutique des plantes dépend de l’ensemble de ses caractéristiques, de sa couleur à sa saveur, en passant par sa configuration. Souvent prises en infusion, les herbes chinoises ont la réputation d’avoir mauvais goût. Parfois, seule l’odeur repousse les nez et palais occidentaux![5]




La diététique
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Manger avec les yeux
La diététique chinoise tient compte des saisons et de leur énergie spécifique tout comme de la différence entre les individus (adulte, enfant, femme enceinte, athlète, etc.). Cette philosophie est une zone frontière entre le médicinal et l’alimentaire. Pour les Chinois, l’entretien de la vie est une notion fondamentale et la diététique est une manière de vivre dans de saines conditions, de façon à prolonger la vie. Ce n’est pas un régime au sens occidental où la privation est au premier plan mais plutôt un mode de vie ou d’alimentation où sont privilégiés la santé, le plaisir et la convivialité. Les principes de bases sont d’avoir une alimentation régulière et saine où abondent végétaux, viandes, textures diverses, couleurs variées. Selon la notion d’énergie de la diététique chinoise, les aliments contiennent une certaine énergie propre ainsi que des propriétés médicinales.[6]

Le massage Tui Na
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Le Tui Na (Tui signifie «pousser» et Na «saisir») utilise la «compression rythmique» et le «frottement» le long des méridiens du corps, à des points d’acupuncture. Ce type de massage est un puissant outil thérapeutique qui traite les affections tant osseuses, articulaires ou musculaires que des malaises telles la constipation, les douleurs menstruelles ou la nausée. Le Tui Na se distingue des autres massothérapies occidentales par son approche en profondeur d’harmonisation du qi et sur les 300 manipulations différentes qu’il compte à son recueil.[7]




Les exercices énergétiques : Tai-chi et Qi Gong
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Une posture de tai-chi
Les exercices énergétiques chinois mettent principalement l’accent sur les interactions entre les pensées, les émotions, le psychisme et le corps physique. Ils ne sont pas à proprement parler une technique médicale mais plutôt un concept qui propose de prendre en compte des aspects physiques, matériels et tout ce qui relève de la « conscience ». Pour pratiquer le tai-chi ou le Qi Gong on a recours à :

  • Des enchaînement de mouvements diversifiés et généralement très lents ;

  • Des postures immobiles, tenues un certain temps ;

  • Des étirements et des exercices respiratoires ;





Le but de la médecine traditionnelle chinoise est de rétablir l’équilibre de l’organisme en faisant à nouveau circuler, de manière harmonieuse, les différentes liquides de celui-ci (sang, liquides organiques, etc.) par diverses approches et philosophies thérapeutiques. La combinaison des branches de la MTC forme un tout qui suggère un caractère tant préventif que curatif.











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  1. ^ ACUPUNCTURE FOUNDATION OF CANADA INSTITUTE, «What is acupuncture», 2008, http://thevoiceofhealth.info/fr/917472
  2. ^ PASSEPORT SANTÉ.NET, «Médecine chinoise 101», http://www.afcinstitute.com/AboutAcupuncture/WhatisAcupuncture/tabid/73/Default.aspx
  3. ^ WIKIPEDIA, http://fr.wikipedia.org/wiki/Acupuncture
  4. ^ BERNARD Alain, Ac., «Acupuncture et herbes chinoises Montréal», 2012, Médecine chinoise, section «herbes», http://www.lacupuncture.ca/herbes.php
  5. ^ PASSEPORT SANTÉ.NET, «Pharmacopée chinoise», http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=pharmacopee_chinoise_th
  6. ^ ASSOCIATION ZHONGYI, «Diététique chinoise», http://www.zhongyi.net/medecine_chinoise/dietetique0.php3
  7. ^ MEUNIER Pierre, «L’art du bien-être, Énergétique traditionnelle chinoise», http://www.therapieducorps.fr/Le-massage-Tui-Na.html
  8. ^ BEYRET Yves, «Médecine traditionnelle chinoise – Exercices énergétiques», http://www.mtc-beyret.com/outils,therapeutiques,exercices.php

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